On parle beaucoup de tarifs quand on parle de transport. Mais avant de négocier un prix, il faut se poser une question plus simple : est-ce que j'utilise le bon mode de transport pour ce que j'expédie ?
Un envoi confié au mauvais réseau coûte cher, même avec un bon tarif. Et à l'inverse, un mode bien choisi peut réduire la facture sans rien renégocier. Voici les repères que j'utilise.
Le colis : petits envois, nombreux destinataires
Le réseau colis est fait pour des envois unitaires, manipulables par une seule personne, triés automatiquement sur des chaînes.
Il convient bien pour :
- la vente en ligne aux particuliers ;
- les petits envois professionnels réguliers ;
- les destinataires nombreux et dispersés.
Ses limites :
- un poids et des dimensions maximum par colis, qui dépendent du transporteur ;
- les formats atypiques (tubes, objets longs, emballages fragiles) sont souvent facturés en supplément, voire refusés ;
- plusieurs colis pour un même client coûtent parfois plus cher qu'une seule palette.
Le réflexe à avoir : si vous envoyez régulièrement plusieurs colis au même destinataire, comparez avec une expédition en messagerie palettisée.
La messagerie : palettes et envois groupés
La messagerie prend en charge des envois plus lourds ou plus volumineux, souvent sur palette. Les marchandises passent par des agences et des plateformes où elles sont regroupées avec celles d'autres expéditeurs avant d'être livrées.
Elle convient bien pour :
- les envois de quelques palettes vers des professionnels ;
- le réassort de magasins ou de points de vente ;
- les colis lourds ou encombrants.
Ses limites :
- les délais sont généralement plus longs que l'express, avec des ruptures de charge qui multiplient les manipulations ;
- la tarification repose souvent sur un rapport poids/volume : une palette légère mais haute peut coûter plus cher que prévu ;
- les options (prise de rendez-vous, hayon, livraison en étage) alourdissent vite la facture.
Le réflexe à avoir : bien filmer et étiqueter les palettes, déclarer les bonnes dimensions, et ne demander que les options réellement nécessaires.
L'affrètement : un camion pour votre marchandise
En affrètement, un véhicule est dédié à votre envoi. Il charge chez vous et livre directement, sans passer par des plateformes.
On distingue :
- le lot complet : vous remplissez le camion ;
- le lot partiel : vous en occupez une partie, et le transporteur complète avec d'autres chargements sur le même trajet.
Il convient bien pour :
- les volumes importants vers une même destination ;
- les marchandises fragiles, qu'on préfère ne pas manipuler plusieurs fois ;
- les livraisons à date et heure précises.
Ses limites :
- le prix dépend fortement du trajet, de la période et des possibilités de retour du camion ;
- en dessous d'un certain volume, la messagerie reste souvent plus économique.
Le réflexe à avoir : demander plusieurs cotations, et rester souple sur les dates quand c'est possible.
L'express : quand le délai prime
L'express garantit un délai court, parfois avec une heure de livraison. C'est utile pour une pièce urgente ou un client qui attend, mais c'est aussi le mode le plus cher. Dans beaucoup d'entreprises, il est utilisé par habitude bien au-delà des vrais besoins d'urgence.
Le réflexe à avoir : réserver l'express aux envois qui le justifient vraiment, et vérifier régulièrement la part d'express dans vos expéditions.
Comment choisir en pratique
Pour chaque type d'envoi récurrent, posez-vous quatre questions :
- Qu'est-ce que j'envoie ? Poids, dimensions, fragilité, conditionnement.
- À qui ? Particuliers ou professionnels, nombre de destinataires.
- En combien de temps ? Le délai réellement attendu, pas le délai idéal.
- À quelle fréquence ? Un flux régulier se négocie bien mieux qu'un envoi ponctuel.
Le bon mode de transport, ce n'est pas toujours le moins cher à l'envoi : c'est celui qui coûte le moins sur l'ensemble de vos flux, litiges et options compris.
Une erreur fréquente : un seul transporteur pour tout
Beaucoup d'entreprises confient tous leurs envois à un seul transporteur, par simplicité. C'est confortable, mais rarement optimal : un spécialiste du colis n'est pas forcément le mieux placé pour vos palettes, et inversement.
L'idéal est souvent d'avoir une solution adaptée à chaque type de flux, avec un seul interlocuteur pour piloter l'ensemble. C'est précisément ce que nous faisons chez BoostMyE, avec plus de 70 solutions de transport mobilisables via notre réseau de partenaires.
Si vous voulez savoir si vos envois partent par le bon canal, l'Audit Flash est un bon point de départ : à partir de trois mois de factures, on voit rapidement où se situent les écarts.